mercredi 10 novembre 2010

Fang Island, Fang Island (2010 )

Le 11 mars dernier, le procès opposant Pink Floyd à EMI touchait à sa fin. La formation britannique reprochait à la major de permettre le téléchargement de ses titres à l’unité, alors qu’elle envisageait ses albums comme des ensembles cohérents dont la profondeur ne pouvait être appréhendée par ce mode de distribution.

Cette leçon, le groupe américain Fang Island semble l'avoir bien assimilée. A travers leur premier opus, la formation indépendante fait en effet preuve d’une maturité musicale déroutante malgré leur jeune âge (débuts en 2005). Les mélodies se complètent et dansent éperdument jusqu’à trouver un écho l’une dans l’autre. Des rires moqueurs résonnent tandis qu’on cherche à en percer le mystère. Et alors qu’on pense les avoir apprivoisées, elles nous dévoilent malicieusement un nouveau secret, un nouveau souvenir, un nouveau rêve.

Tout commence avec « Dream of dreams », qui sonne paradoxalement comme la fin d’une époque. Les feux d’artifices allègres laissent bientôt place à des harmonies de guitare qui se combinent en un chuchotement désenchanté. Et c’est seulement quand leur complainte atteint son paroxysme que le chœur formé par les 5 membres du groupe daigne faire une brève apparition. Guitares et batterie font alors leur retour et, sans s’en apercevoir, on est passé au morceau suivant, « Carefull Crossers », fête d’adieu instrumentale qui se veut plus rassurante.

La chute n’en est que plus dure quand retentit à nouveau le chœur pour la poignante « Daisy ». L’excitation à l’idée d’une nouvelle ère est teintée d’amertume et d’une nostalgie déchirante pour les joies d’un passé révolu. Dans « Life Coach », voix et instruments se joignent pour une ode à la vie et à la renaissance proche. Un rythme plus rapide engage « Sideswiper » comme si on nous pressait de tout oublier pour ne pas souffrir, et puis, subitement, tout se ralentit comme pour nous autoriser un dernier regard en arrière. Avec « The Illinois », des guitares obsédantes et des brusques changements de rythmes nous offrent un nouveau départ.

Et subitement, tout s’éclaircit. On perçoit de la joie dans le chant à présent décomplexé de « Treeton » et les paroles sont porteuses de plus d’espoir : « Let our dreams grow out together ». Là-dessus arrive « Davey Crockett », long morceau qui renoue avec cette mélancolie qu’on croyait éteinte et qui nous laisse confus. « Dorian », final de l’album, tente d’apporter une réponse à ces doutes avec un air qui évoque un mariage, le début d’une aventure. On a peut-être fait le bon choix. C’est en tout cas ce dont on se convainc quand des feux d’artifice viennent conclure le morceau.

Seul défaut de l’album, il est un peu lassant sur la durée, et on regrettera par exemple qu’il n’y ait pas un deuxième « Daisy » pour lui insuffler une nouvelle vie. Mais c’est un détail dont on ne saurait leur tenir rigueur après seulement 5 ans d’existence. Avec ses mélodies aériennes façon Wild Nothing et ses atmosphères à la Animal Collective, Fang Island signe en effet une première réalisation ambitieuse qui laisse augurer du meilleur pour l’avenir.


Franck A.

dimanche 7 novembre 2010

Supergrass tire le rideau














Écoutez ça et lisez le reste du post. Je sais qu'il est long, je vais faire un effort pour les prochaines fois.


C'est drôle la manière dont certaines nouvelles passent comme une lettre à la poste ; pourtant avec la dissolution impromptue de Supergrass, on perd là l'un des 4 ou 5 groupes les plus brillants des années 90 et 2000. Supergrass, c'étaient un peu les Kinks des années Blair, le groupe parfait qui n'a pas eu autant que ce qu'il méritait. Lâchés par leur maison de disques récemment, devant depuis pas mal de temps se contenter des premières parties des boy-scouts puants de Coldplay, l'affaire sentait le sapin. Mais l'annonce de leur séparation, après 18 ans d'une carrière ponctuée de 6 albums tous irréprochables, a pris tout le monde de court ; on annonçait en effet un album, Release the drones, et Gaz Combes (le chanteur) et Danny Goffey (le batteur) venait de publier en juin un recueil de reprises sous le nom de the Hot Rats (patronyme hommage à Zappa on imagine), bien fait d'ailleurs mais un peu vain comme souvent avec ce genre d'exercice (si ce n'est peut être le Kicking against the pricks de Nick Cave).

Évoquant cette rupture impromptue, beaucoup ont souligné qu'il valait mieux qu'ils se séparent avant de commettre l'album de trop. Ben moi, personnellement, j'aurais aimé le voir, bon ou mauvais. Un ou deux albums faibles avant de se séparer, comme les Clash ou Roxy (ou 15 comme les Kinks), ça rassure, ça officialise, ça prépare à une rupture sereine, en souplesse, sans fausse espérance et sans regrets. Alors que là les trois pieds nickelés (qui étaient 4 depuis que Robert, le frère de Gaz, les avait rejoints en 1997) se séparent un peu comme des malpropres. Retraçons leur parcours.

Supergrass est issu d'Oxford comme les pleureuses de Radiohead, c'est heureusement là leur seul point commun. C'est en 1995 qu'ils débarquent avec fracas dans le poulailler britpop avec I should coco (déjà le titre...), bourré de singles supersoniques géniaux: "Caught by the fuzz", "Lose it", "Mansize rooster", et le suprêmement couillon "Alright", mettant alors tout le monde à genoux. Sur la foi de ce tube (leur seul véritable) se fondera malheureusement un malentendu essentiel, celui qui consiste à voir en Supergrass une bande de sympathiques trublions inoffensifs alors que, on le répète, ils ont enregistré certains des plus durables moments de rock de ces trentes dernières années. C'est triste de constater qu'il faille se mortifier pour pouvoir être crédible.

Supergrass avait pourtant sans même sûrement le savoir tout compris à ce que devait être la pop : une musique référencée sans être cuistre et (et c'est là la difficulté) moderne. Ce trio de gentlemen avait tout ce qu'il fallait pour cela : l'énergie, de la fraicheur, une insolente facilité. En un mot : du talent. Auquel il faut ajouter une bonne dose de charisme canaille ; il faut voir Gaz Combes en live, le regard madré de celui qui sait qu'il plait, le sourire carnassier, beau comme un Mick Jagger de 1966, malgré une gueule pas possible, quelque part entre le reptile et le rongeur. Mi-campagnol mi-crocodile. Le batteur est pas mal non plus dans son genre, l'œil invariablement hagard, la lippe pendante, l'air ahuri, frappant sur ses fûts avec de grands moulinets outranciers. A cette époque, ils sont les nouveaux héros de l'Angleterre.

Pourtant après ce premier album éminemment buzzcockien (i.e. on joue vite et on tape fort), une scission s'opère avec le public lors de la sortie d'In it for the money, qui y voit le signe d'un essoufflement de l'ardeur juvénile des gaillards (alors qu'il est juste moins speedy gonzales que le premier) et est également désarçonné par la noirceur (un bien grand mot tout de même) inédite de certains titres ("Richard 3", "In it for the money"), même si les ventes sont encore tout à fait respectables.


J'ai des réserves face au mythe de "l'injustement méconnu" ou de "il'nsuffisamment reconnu", même si bon an, mal an, j'y souscris ; Supergrass entre dans la deuxième catégorie. Ne falsifions pas, Supergrass a eu son heure de gloire. Un million de singles vendus pour "Alright" tout de même. Mais la désaffection (d'une grosse partie de son audience, de la critique qui ne s'y intéressait plus qu'avec l'indifférence polie qu'on réserve aux anciens) dès "In it for the money" a été tout aussi rapide et inexplicable. Car les quatre albums qui suivront seront tout aussi réussis. Du plus contemplatif Road to rouen au psyché Life on other planets et jusqu'au retour au rock brindezingue de leurs débuts que constitue Diamond hoo ha, jamais Supergrass n'aura connu la moindre baisse de régime, avançant avec une constance exemplaire. Il faut écouter "Moving" et sa partie disco rebondissante pour se rendre compte que ces gens là assuraient à mort. Il faut écouter "Mary", morceau faramineux plein de méchant larsen, morceau de train fantôme. Il faut la perfection pop de "St petersburg", qui a du laisser sur le cul ceux qui en étaient restés à "Mansize rooster" . "Seen the light" du T-rex meilleur que du T-rex. Et "Sad girl" ? Et "Diamond hoo ha men" ? Et "Can't get up" ? Et "Bad blood" ? Et "What went wrong with your head" ? Que de l'excellent, on vous dit !


Les trois de Supergrass n'auront pas la présence d'esprit de se droguer, ce qui leur aurait conféré une vague aura subversive (façon Peter Doherty, que je ne vénère pas mais qui m'amuse et qui a des coups de génie épisodiques comme ici) et qui aurait peut être endigué leur déclin commercial. Juste une réflexion qui m'est venue récemment : je comprends très bien que les rock stars soient moins inconséquentes qu'il y a trente ou quarante ans (ne pas s'étonner si j'affirme le contraire dans un post prochain). Je comprends très bien qu'on refuse de jouer dans le cirque rock'n'roll un rôle qui fût joué par d'autres, et qui avait du sens à l'époque mais qui est devenu aussi codifié que ce à quoi il s'opposait au départ (ça se passe malheureusement souvent comme ça).

Il fût un temps où moi même je me bourrais scrupuleusement la gueule dans une frénésie d'hédonisme rageur, non pas par goût (ou pas que par goût), mais pour correspondre à je ne sais quelle éthique de vie. J'ai dû finir cinq fois chez les flics, à peu près autant de fois dans la rue (ça fait des histoires pour les petits enfants) et maintenant, il y a des jours où me miner me parait une véritable corvée (ce qui est sûrement le signe d'une certaine santé mentale, mais ça me déprime un peu, pour tout dire). Maintenant je me bourre la gueule parce que je ne sais pas boire (n'ais jamais trop su), sans faire exprès. Notez que quand vous vous retrouvez dans un appartement de 30m² rempli à craquer, où vous ne connaissez pas la moitié des personnes présentes, et eussiez vous envie de leur parler, vous ne pourriez pas car Wax Taylor ou je ne sais quelle autre boue électro mise à plein volume vous en empêcherait, la seule chose sensée à faire est de s'anesthésier un bon coup.

Mais les Supergrass ne sont pas comme ça. Il y avait chez eux une intégrité et une méfiance épidermique pour tout ce qui relevait de la promotion qui forçait le respect. Dans une interview (exercice qu'il détestait) de 2005, Gaz Combes déclare, aux anges : " Je n'ai jamais parlé de moi, personne ne sait ce qu'est ma vie". T'as eu bien raison gros père.

Voilà, j'ai fini, allez donc télécharger leurs albums (je vais pas vous dire de les acheter, j'aurai l'air idiot). Je n'en ai pas un à recommander plus que les autres même si j'ai un petit faible pour le troisième.
Ah et j'ai loupé leur dernier concert à la Cigale, voilà c'est sûr, je ne verrai jamais Supergrass en vrai, ils ne m'ont pas attendu. Avec ce concert parait-il génial pour tous ceux qui ont eu la chance d'y assister, le groupe achève en tous cas sa carrière comme il l'a menée ; avec classe.

Vianney G.

samedi 6 novembre 2010

The Fall, This Nation's Saving Grace (1985)

Vous ne connaissez probablement pas The Fall, groupe formé en 1976. Rien de surprenant puisque Mark Edward Smith, chanteur et seul membre constant du groupe, n’a rien d’un leader charismatique. Cinquantenaire misanthrope et alcoolique notoire, il est connu pour son franc-parler et des altercations récurrentes avec ses musiciens. Doté d’un humour noir corrosif, moqueur et antipathique, c’est le genre de personnage qu’on ne peut pourtant pas s’empêcher d’apprécier.

Est-ce que cela tient à sa longévité (35 ans de carrière dans une formation toujours changeante), à son envie intacte (une trentaine d’albums studio) ou à ce ton rageur qui vous fait tressaillir quand il chante ? Sans soute un peu des trois. Toujours est-il que le bonhomme a produit quelques merveilles sans âge, qui ont inspiré des pointures telles que Sonic Youth, Pavement ou Nirvana.

On pourrait continuer à parler de l’individu pendant des heures, évoquer son aversion pour le foot ou pour l’orgueil français, mais concentrons-nous plutôt sur This Nation’s Saving Grace, bijou intemporel encensé par la critique comme par le public à sa sortie en 1985.

Les festivités commencent avec « Mansion », morceau instrumental hanté par une mélodie inquiétante et lugubre qui vous fait frémir d’une excitation contenue. Arrive alors « Bombast » qui, s’il nous laisse un peu sur notre faim, n’en témoigne pas moins de la hargne du chanteur tandis qu’il s’écrie « Bastard! Idiot! Feel the wrath of my bombast! ». La machine est lancée, et tout le génie du groupe se révèle à travers l’excellent « Barmy », sa fougue irrésistible et son riff d’une prodigieuse simplicité. Sur « What You Need », les guitares entêtantes voire répétitives (sans que cela soit jamais un défaut) résonnent comme si elles voulaient ancrer le morceau à jamais dans notre esprit.
C’est d’ailleurs ce qui se passe avec « Spoilt Victorian Child », au rythme tantôt calme tantôt explosif, et aux paroles martelées sans répit. « L.A »., autre pépite de cet album, nous replonge dans l’atmosphère inquiétante de « Mansion », tandis que les cris lancinants du chanteur n’en finissent pas de nous transpercer. Une voix féminine introduit alors doucement « Vixen », et se mêle ensuite à celle du chanteur pour un morceau terriblement bon.

A ce stade de l’album, l’alchimie a déjà parfaitement opéré et les refrains se bousculent dans notre tête. Mais le groupe n’en a pas fini et les réjouissances reprennent avec « Couldn’t Get Ahead », morceau puissant aux paroles crachées avec violence, bientôt suivi par le plus faible, « Gut of the quantifier ». Un air plus tranquille mais teinté d’un certain malaise introduit « My New House », avant que très vite, tout s’emballe et qu’on soit pris d’une envie irrésistible de chanter en rythme les paroles. « Paint Work » prouve la capacité de la formation à explorer un autre registre : une sérénité empreinte de nostalgie, une quiétude languissante et reposante. « I am Damo Suzuki » est un hommage réussi au groupe de rock expérimental Can, dont Damo Suzuki était membre.

L’album se termine en apothéose avec « To Nkroachment: Yarbles », un « Mansion » avec une tension encore accrue par la voix de Mark E Smith. Bien qu’absents dans la première édition de l’album, n’omettons pas trois autres excellents morceaux qui furent ajoutés par la suite : l’hypnotisant « Pretty (Thief) Lout », le très dansant et un peu rétro « Rollin’ Dany » et enfin l’explosif et très connu « Cruiser’s Creek ».

This Nation’s Saving Grace donne un aperçu du talent immense de The Fall. Mais le génie de son leader ne saurait s’y résumer, des morceaux comme « Janet, Johnny and James » ou « Mr. Pharmacist » en attestent. Tout au long de sa carrière, Mark E Smith n’a cessé d’explorer de nouveaux horizons musicaux pour faire évoluer son style. Seul l’homme n’a pas changé : il est toujours ce râleur invétéré doté d’une langue incisive.

La preuve en fut faite pas plus tard que le 21 octobre dernier, quand il entendit chanter les Mumford & Sons et les qualifia de chanteurs de folk retardés, avant de leur balancer des bouteilles pour les faire taire…


Franck A.

jeudi 28 octobre 2010

Foals : they won't get fooled again

Foals, Total Life Forever

Nombreux sont les groupes qui, après un premier album encensé par la critique et apprécié par le public, tombent dans la facilité, versent dans le commercial et nous délivrent une sombre daube, un purulent étron en guise de second album (ou pire, se prostituent littéralement et détruisent une de leurs chansons en la donnant à une publicité du Crédit Agricole, je ne vise personne...). On pourrait citer par exemple Kings of Leon, qui après un premier album absolument génial, nous ont livré trois autres albums en demi-teinte et un dernier carrément fade auquel j'ai personnellement bien du mal à trouver un intérêt (Come Around Sundown). Il conviendrait de dénoncer également la mauvaise pente prise par les Kooks sur quelques chansons de leur second album, alors que l'on avait pu ressentir sur le précédent une recherche et une inspiration plus approfondie (la suite en février pour la sortie de leur prochain album). Trêve de digressions, recentrons nous sur le groupe sur lequel il était initialement prévu que je parle.

Inquiétudes écartées, donc, pour Foals, qui après l'excellent Antidotes signe avec Total Life Forever un album encore plus abouti, réussissant ainsi à innover, à explorer des horizons musicaux sans cesse élargis sans pour autant trahir leurs racines musicales.

Principal changement : l'agressivité du premier opus y apparaît plus contrôlée, non pas bridée mais plutôt plus maîtrisée. Les mélodies sont encore plus aériennes que sur Antidotes, les ambiances sonores, encore plus riches (si c'est possible). La rigueur et la précision avec laquelle chaque phrase est ciselée et chaque effet est créé laissent deviner un travail colossal et harassant accompli en amont. Nos quatre Londoniens ont en effet repoussé les limites du masochisme et choisi de s'enfermer pendant plusieurs mois dans un studio improbable au fin fond le la Suède (autant dire aucun risque d'être emmerdés) pour mettre au monde leur projet. Ils ont ainsi repris et repris encore chacune de leurs compositions avec un perfectionnisme les ayant poussés, selon leurs propres dires, au bord de la démence. Le résultat est époustouflant : une claque monumentale, on serait même tentés de les encourager à se torturer (oui encooore!) si c'est pour nous pondre de pareilles merveilles.

L'album commence sur le morceau intitulé Blue Blood, avec une note harmonique de guitare répétée avec un fort écho, comme pour apporter à l'ouvrage une première signature du groupe britannique. Le chanteur entonne les premiers mots de la chanson, puis c'est au tour de la basse de marteler le riff principal, bien aidée en cela par les percussions. On ne peut qu'être sidérés par le fait que les ruptures entre couplets calmes et planants et refrains plus rock, pourtant fortement marquées tant au niveau du rythme que de l'atmosphère, paraissent naturelles, presque évidentes. Un pont mêlant miraculeusement ces deux ambiances a priori opposées nous accompagnera même par la suite jusqu'à la fin du morceau. On pourrait ainsi encenser la plupart des morceaux de l'album et crier au miracle toutes les trente secondes, mais je me contenterais, par souci de concision et au prix d'un déchirement insoutenable, de ne vous décrire que les titres les plus représentatifs du disque.

J'ai alors naturellement le devoir d'évoquer la chanson éponyme, Total Life Forerver. Sans doute un des titres les plus rock de l'album, au moins au niveau de l'instrumental, il est également un de ceux qui nous évoqueront le plus Antidotes. Spanish Sahara constitue un autre exemple de morceau de haut vol aux débuts envoûtants annonçant peu à peu une montée un puissance et en volume pour finir en authentique orgasme sonore. Alabaster s'inscrit également dans la même veine (mais on ne s'en lasse pas), et pousse plus loin encore la recherche mélodique et harmonique, sans réelle explosion ou démonstration de force cependant. Je finirai sur 2 Trees, un titre d'une mélancolie poignante, traversé d'un chant à plusieurs voix, de guitares lointaines et plaintives sur un fond de percussions légères...

Total Life Forever est sorti il y a déjà six mois, et on ne peut que s'étonner du (trop) peu de succès qu'il rencontre pour le moment, tant les critiques se sont montrées unanimes à son égard. Pourquoi diable en parler s'il a déjà six mois? Pour la simple et bonne raison que Foals est actuellement en tournée pour cet album et que la formation de Yannis Philippakis passera à Lille le 16 novembre. Ayant moi-même eu du mal à garder mon flegme et mon sens critique devant pareille merveille seul avec un casque sur les oreilles, on ne peut qu'imaginer ce que cet album pourrait donner en live... concert à ne manquer sous aucun prétexte!!!

Lucas M.