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vendredi 24 décembre 2010

Christmas Shamrock

dimanche 4 avril 2010

hawleylujah brothers !!

J'ai entendu la voix de Dieu le 11 février 2010. Ou du moins s'il y a quelqu'un la haut, il doit avoir la voix de Richard Hawley. Le cadre est idéal pour le concert: L'Alhambra, une salle modeste de 500 personnes, circulaire. Si j'écrivais dans Version Femina, je dirais que l'endroit est intimiste. En première partie, un sosie de Romain Duris nommé Gaspard Royant, seulement accompagné d'un pianiste réalise ma foi une performance plutôt convaincante, enchainant des ballades pop bien construites, particulièrement une (dont j'ai oublié le titre) qui pompait la mélodie du "mother's little helper" des Stones , et une autre avec une fille approximativement âgée de 12 ans pour un duo façon "anyone else but you". Après ce plaisant amuse-bouche, le plat de résistance...Il débarque d'un pas trainant, l'air impassible; il est plus épais que je ne l'aurais cru. Le genre de gars à coté duquel n'importe qui semble un petit garçon. Arrivent les premiers mots de "as the dawn breaks"...Mais p*** de p***, à qui a t-il vendu son âme pour avoir une telle voix ? Même ses ronflements ou ses raclements de gorge doivent être merveilleux à entendre. Les premières chansons sont délivrées avec une ferveur impressionnante. Le public, exemplaire, écoute religieusement. Le son est irréprochable.Le premier choc arrive avec "ashes on the fire": j'ai l'impression que je vais m'effondrer tellement c'est beau . Je ne sais plus trop pourquoi mais Hawley, impassible jusqu'ici se fend d'un sourire. Immédiatement la foule rugit et part dans une longue ovation en plein milieu du show (comme lorsqu'il était passé à Taratata d'ailleurs) .Enfin déridé et à l'aise, Hawley livre laconiquement une anecdote sur la gestation d'une chanson de son dernier album, "for your lover give some time": "basically, i wrote this song for my wife because i wanted to have a shag with her". On est gâtés, en plus de l'intégralité du dernier album, Hawley n'a pas choisi ses chansons les plus dégeus de son répertoire, toutes impeccablement interprétées: "coles corner" (ce morceau mes aieuls ce morceau) "run for me" et son crescendo hallucinant (j'aurais presque envie de me marier juste pour avoir cette chanson à la cérémonie), "oh my love" et son final dément, "lady solitude"...

Entre deux ballades, Hawley s'autorise quelques incursions vers un rock débridé façon Neil Young période "rust never sleeps". Sur "soldier on", comme possédé, il martyrise impitoyablement son vibrato: saisissant spectacle, croyez moi.

Hawley chante avec la modestie et l'assurance tranquille de celui qui sait que sa musique parle pour lui. Pour situer jusqu'où va son absence d'arrogance, disons quand même qu'il a invité sa mère à le rejoindre sur scène à un concert au Royal Albert Hall, une des salles les plus connues d'Angleterre. Putain mais qui d'autre ferait ça aujourd'hui ? (regardez cette vidéo, surement une des choses les plus adorables que j'ai vues dernièrement.
Après une reprise du "crawfish" d'Elvis, Hawley prévient qu'il est temps de se quitter. Il conclue avec une interprétation de "the ocean" qui relègue la version studio aux oubliettes et s'éclipse sous les vivats. Je braille comme une groupie "come back richard!!" en vain, on s'en doute. Ni "baby you're my light", ni "roll river roll", ni "i sleep alone" n'étaient au programme ; c'est pas très grave, je viens d'assister au meilleur concert de ma vie. ET DE LOIN !!! DE TRES TRES TRES TRES LOIN !!!

Alors si vous aimez Hawley, parlez en ! Portez la bonne parole à ceux que vous croisez ! Chantez partout sa gloire ! FAITES CONNAITRE AU MONDE LA GRANDEUR DE RICHARD HAWLEY !!

nb: Session de rattrapage au Bataclan ce 25 Mai.

Vianney G.

vendredi 5 mars 2010

27 janvier: les Artic Monkeys au Summum de Grenoble




Des expériences malheureuses m'ont appris ceci: jamais de bière avant un concert. Mon pote Joseph propose judicieusement de se chauffer au whisky (juste assez ; point trop n'en faut) . On boit donc. Puis direction le Summum. C'est une première partie bien molle du cul assurée par un groupe nommé the Mysterian Jets (ou est ce the Mystery jets? on s'en fout) pendant laquelle nous avons droit à un répertoire de chansons sirupeuses et sans imagination. Après des applaudissements syndicaux qui veulent plus dire "bon allez cassez maintenant" que "yaouh", c'est l'attente. Et surtout le placement. Ca joue des coudes .Plusieurs personnes sont évacuées avant le début du concert. Je tente avec succès un maul pénétrant. Bon point: je me retrouve à 5 mètres de la scène. Mauvais point : l'exercice physique m'a fait décuver et mon jean est au niveau des chevilles. Les quatre chevelus déboulent sur scène. Après de vagues salutations bredouillés (ah bon, ya un public?), "dance little liar" et "brianstorm" donnent immédiatement le ton d'un concert lancé sur les chapeaux de roue. Matt Helders (ce gars est le sosie d'Adam Sandler) est le plus démonstratif de loin. Il tape comme un enragé sur ses fûts, à qui il veut manifestement faire du mal. Le bassiste et le guitariste sont impassibles et appliqués. Turner a l'air de superbement s'ennuyer. Tout s'enchaine à vitesse grand V. Pas de respirations, pas d'impro (en ont-ils seulement les moyens?), rien ne sort des rails. Ce qui n'est à vrai dire pas très grave et correspond bien à leur répertoire de chansons nerveuses et concises. Il faut dire que les Monkeys n'ont jamais été de joyeux drilles. Donc, pour répondre à ceux qui se plaignaient que Turner tirait la trogne pendant tout le concert et ne s'adressait que parcimonieusement au public, j'ai envie de leur répondre: "hey what did you expect?". "My propeller" et "crying lightning" sont délivrés avec beaucoup de ferveur; on les sent fiers (à bon droit) de leur dernier album. Sur "i bet you look on the dancefloor" ,l'hystérie s'empare de la salle. Un sous-tif atterrit sur la guitare de Turner (joli coup soi dit en passant) qui a l'air d'avoir déjà vu ça un certain nombre de fois. Après deux heures d'un show carré et pendant lequel on n'a pas vu le temps passer, Turner balance un "see you soon" laconique . Rendez-vous est pris. Après cet excellent concert qui laisse (intentionellemnt?) un peu sur sa faim, nous rentrons nous écluser le reste du whisky, quelques bières bien fraiches et un joint bienvenu. Il est 2h: je m'endors dans un état proche du coma mais heureux. Une bien belle soirée.

Vianney G.